Un constat que je fais depuis quelque temps, c’est à quel point la danse rapproche ou, du moins, soulage. Mes terrains d’expérimentation sont assez variés : les bals du 13 et du 14 juillet, une boîte sous un chapiteau, spécialisée dans le revival années 80, une autre à huit salles, autrement dit bien rangée où ceux qui aiment le zouk vont dans la salle zouk, ceux qui aiment la dance vont dans la salle dance, et ceux qui aiment le rock se cassent, une guinguette, une péniche, des bars branchouilles, etc., etc. Aujourd’hui, je vais faire un plan. Ouais, c’est comme ça.
1. Les enfants
Tu as les tout petits qui sautent comme des pop corns. Que tu leur mettes Vivaldi, la Macarena ou du rap, ils sautent. C’est leur façon de marquer le rythme...
T’as les un peu plus grands qui commencent à vouloir imiter les adultes. Là, tu peux observer des gamines qui s’inspirent de la chorégraphie de Lorie. Triste modèle, mais résultats intéressants...
2. Les célibataires
Il y a ceux qui viennent groupés, histoire de s’encourager mutuellement.
Le but ultime qui les rassemble : trouver quelqu’un, soit pour baiser un coup, soit pour plus, si affinités, mais, dans tous les cas, il y a la recherche de l’autre qui fait, que même à plusieurs, ils paraissent seuls. Ca peut aussi être l’envie de s’amuser, mais pour certains, je doute qu’il y ait autre chose que la première raison évoquée. Il y a chez eux quelque chose de frénétique, d’obsessionnel.
Le grand classique, c’est le gros dragueur qui ne sait pas danser et qui va essayer avec toutes les nanas de la boîte, histoire d’avoir l’air moins con que si il était tout seul. Il ne danse pas, il se frotte, un peu comme un chien contre une jambe. Si tu as la chance d’être sa partenaire, il fera son possible, pour que tu puisses évaluer de toi-même le degré de son enthousiasme. C’est celui à qui tu remontes régulièrement la main, et à qui, à un moment, tu dis merde, parce que t’en as marre.
Il y a les jeunes oies innocentes, habillées par maman, mais qui s’essaient à une chorégraphie très sex. C’est pas vraiment efficace, mais ça se laisse regarder. Il y a la bombe, vêtue de ses plus beaux atours, celle que certains qualifieraient de s....., mais qui me semble plus seule que s..... C’est celle qui va se donner au premier venu, histoire de se rassurer sur son pouvoir de séduction, même si cette assurance sera aussi éphémère que sa liaison. Celle en quête permanente de séduction. Celles-là me touchent et, à ce titre, j’aime bien la chanson de Bénabar, "Je suis de celles". Il est peut-être très chiant comme chanteur, mais il a de beaux textes !
Il y a aussi ceux qui ne savent pas danser et qui attendent d’être noyés dans la foule pour oser esquisser un pas.
Tu as aussi les complètement murgés qui te font une choré bien à eux, que tu ne peux reproduire qu’à condition d’être aussi faits qu’eux.
Je me souviendrai toujours d’un mec dans une soirée gothique, qui a esquissé pendant toute la soirée, un pas de danse classique avec les bras en l’air comme les petites danseuses des boîtes à musique. Une sorte de Nijinski tragique et grotesque.
Et enfin, très courantes, dans les boîtes branchées, les jeunes mannequins, qui ne sont pas venues pour danser, mais pour se montrer. Aussi, dans l’optique de ne faire aucune fausse note, elles pratiquent une danse aussi minimaliste que leurs seins.
3. Les couples
Pareil, différentes catégories. Déjà, ça varie selon les âges.
Perso, j’aime bien les p’tits vieux. Ca me touche. J’espère que je serai comme eux.
Une fois, chez Gégène, j’ai observé une sexagénaire qui avait sûrement connu sa période de gloire dans les années yéyé. Comment elle t’esquissait tous les pas des claudettes, quand ils ont passé Claude François ! Elle dansait avec sa copine. Elle ne semblait pas être en quête de quelqu’un, juste éprouver le besoin de danser. J’aime bien, ça.
Il y a Monsieur et Madame qui ont pris des cours ensemble. Plusieurs variantes : Madame qui guide et Monsieur qui roule du cul, comme une gonzesse, Monsieur qui guide, rigide, et Madame, rêveuse, qui revit ses jeunes années, Monsieur et Madame, aussi rouillés l’un que l’autre, mais qui s’éclatent quand-même.
Il y a les couples plus jeunes, qui s’enlacent. Ceux d’un soir et ceux de plus d’un soir.
Ceux qui se roulent des pelles toute la soirée et qui peuvent te danser un slow sur du hardcore. Ceux-là m’énervent.
4. Les groupes
Le but, c’est d’abord de s’amuser.
Donc, là, tous les délires sont permis. Le glamour n’est pas forcément de mise.
Tu peux te lâcher, et ça, c’est bien.
5. Et moi...
Ben, moi, quand je danse...je danse.
Déjà, faut savoir que je suis passée par plusieurs époques. Celle, bout de bois, où je dansais nécessairement comme un manche. Celle, très hot, où j’avais une approche de la danse, comment dire... physique. En fait, c’était plus du mime que de la danse...
Ensuite, il y a eu la période où je me suis sentie d’humeur exotique et où j’ai pris des cours de danse orientale. Dur, très dur pour l’ego. Que celles qui réussissent à faire le tremblé m’expliquent, parce que, moi, j’ai toujours pas compris...
Maintenant, je danse normalement. Parfois, je m’éclate, parfois, non. Dans ces cas-là, j’ai prévu un pas très économique énergétiquement parlant, qui te permet, mains dans les poches et regard pénétrant, d’observer tout autour de toi, sans faire tapisserie.
Enfin, il y a ceux qui n’osent pas ou ne savent pas danser. A moins qu’ils ne prétendent ne pas savoir danser, parce qu’ils n’osent pas...
Va savoir !
En tout cas, j’aime la danse, parce qu’elle est apaisante. Personne ne danse pareil. On dit beaucoup sur soi en dansant et même si chacun danse dans son coin, il y a quelque chose dans l’air qui fait que tu partages ton plaisir avec les autres.