Proposés sur le forum nanook , voici quelques textes des membres du forum poètes de la banquise (Funram, Frédo, Judas Bricot, Emkalan, Nawenn) sur le thème "Le dialogue".
Dialogue des poings ou de la parole
Lequel vaut à une époque si folle ?
La parole est d’argent
Mais le silence est d’or
Faut-il pour autant
Se laisser mettre dehors ?
Mais qui communique ?
Qui sort de son ego ?
Qui n’a pas peur des flics,
Quand ils descendent dans le métro ?
Qui donc se sent bien
Pendant un soir d’été
En découvrant ses voisins
Se disputant sur le palier ?
Mais qui communique ?
Qui se dégage de l’égoïsme ?
Qui n’est pas limité par le trafic
Ou l’invivable narcissisme ?
Dialogue des poings ou de la parole
Ne sont rien d’autres que des paraboles.
(Funram)
Dialogue de voleurs Quelque part la lumière a baissé Et plus tard elle se rallumera. Des drôles d’images ont défilé. 
Et qu’est ce qui ne va pas ?

Tout à la fois ; je n’en sais rien.
Nous allons, nous ne bougeons pas
Nous parlons, mais le silence vient.
Et nous rions avec des larmes
Comme si l’on ne savait plus.

La parole est une trop belle arme
C’est elle qui nous a perdu.

Mais pouvons-nous encore nous taire ?

Non. Laissons faire la réalité.
Elle est maîtresse dans l’affaire
Laissons-la s’exprimer.

Puis nous la découperons
Patiemment.

Et nous la recréerons
Totalement.
(Frédo)

Elle avait ses mot comme des larmes aux yeux
Grande, ouverte, ses mains adoraient un passé,
Encore,
Qui ne lui répondait plus
Qu’ai-je dit me dit-elle
Qu’ai-je fait ?
Combien de sanglots son monologue
Encore s’éparpillerait sur ce miroir
Où ne bruisserait
Que son corps brisé
Elle me tendit sa couche
Comme pour ne rien avoir à dire
Elle n’avait que ses gestes là
Pour le retenir, encore
Le faire revivre, encore
Il ne lui restait que cette phrase
Que sa peau transpire, encore
Sourde parole, douce amère
D’un dialogue qui expire
Elle ne me revint jamais
Et jamais elle ne me revit
De ses paroles je n’ai retenu
Au matin que la sombre détresse
De ses mots qui l’offrait encore, nue
Ils étaient pour cet autre celui qui s’était tu
Qui l’avait projeté dans cet étrange décor
Où elle gisait vaincue, atone
Parmi les restes d’un dialogue
D’un amour qui s’était à jamais tu
(Judas Bricot)

Je lui dis qu’elle est très marrante,
Elle me dit qu’elle est un peu chiante.
Je lui dis que je l’aime comme ça,
Alors je la prends dans mes bras.
Elle me dit que mes vannes sont bidons,
Je lui réponds que je trouve que non,
Que je les trouve plutôt tonneaux,
Et son rire coule comme de l’eau.
Elle me reproche que je ne dis rien,
Je lui réponds trois petits points,
Et dis que le silence est d’or,
Elle menace de me foutre dehors.
On a souvent ces discussions,
Qui tournent toujours plus ou moins rond,
Ou celles aux rebords aiguisés,
Qui se finissent par un baiser.
(Emkalan)
Ping Pong verbal Ping
Pong
Ping Pong verbal
Fait plus rire que mal
Ping
Pong
La balle est dans ton camp
Mais tes mots se prennent dans le filet
Ping
Pong
Ping Pong verbal
Rend la littérature animale
Ping
PONG
Les réflexes de défense foutent le camp
Usurpateur A l’usure je t’aurai
PING
Pong
Ping Pong verbal
Nous entraîne dans un étrange bal
Ping
Pong
Chute de l’adversaire qui marque contre camp
Et dire que ce petit jeu m’amusait
Ping
Pong
Ping Pong verbal
Fait plus rire que mal
(Nawenn)