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La symphonie musicale


POÉSIE - TEXTES SUR LE THÈME "LA SYMPHONIE MUSICALE"

mercredi 25 mai 2005, par Collectif CPN

Proposés sur le forum nanook , voici quelques textes des membres du forum poètes de la banquise (Judas Bricot, Emkalan, Lahyenne, Nawenn) sur le thème "La symphonie musicale".


Dzim-boum
Cacophonie et lumière
Mélange strident des instruments
Qui piaffent..
Des notes perdues à l’échauffement
Des gens, fardés, habillés, des couleurs,
Des chuchotements..
L’on se connaît, l’on se scrute,
L’on se salue poliment.
Silence !!!
Les violons s’apaisent
Et les regards se tournent..
Silence !!!
Assis, tous le regardent, il vient
Le maître à la baguette
Silence !!!
Les archets se lèvent
Le souffle se prend
Quelques applaudissements crépitent
Tribun fier, de l’estrade il salue
Silence !!!
D’un regard à ses troupes
D’un regard les questionne,
Tendu, déjà accroché aux portées
L’orchestre attend
Et il lève les bras
Et il pointe vers le ciel
Son commandement
D’un geste pointu
Cette pointe de bois
Silence retenu
L’oeuvre commence
Par de petits pas,
Silence à quatre temps
Silence !!!
Et qu’apparaissent de nulle part
D’ici et delà de partout à la fois
Des sons comme des couleurs,
Des timbres comme des odeurs,
De la lumière et de la vie
Un mouvement qui ne cesse
Une mer de tissus pour le temps
Un habit de petites mains pour le silence
Des sculptures complexes s’abreuvent
A un ruisseau fait de cuivre, de bois et peau
Un bazar léger, une souris d’acier
Sombre comme l’amour
Rouge comme des ténèbres
Vert, ocre, et encens
Jaune, bleu, et sang
Et la danse de l’orchestre
Pris dans son propre feu
Noyé sous des cataractes de son
Déjouant son propre jeu
Mitraillant à la rescousse
Militaire de l’art
Pétri de petits riens
Hurlant presque au besoin
Une danse autour du temps...
Une danse autour du temps
Alors de rien un génie
Sort de sa boîte, tournoyant
Une âme disparue
Un revenant parlant
De chose ancienne, disparue
Universelle...
De grâce, en envolées,
Sous la virtuosité.
Il se plie, il se tord, sue
Et se transporte.
Et d’un geste bref
Tyrannique presque
L’oeuvre se tait
Et les draperies s’écroulent
Les anges fondent
Et l’océan lui-même, l’océan,
Reflue au plus profond
Des instruments.
... des coquillages...
Silence !!!
(Judas Bricot)


-  Silence, souffle immobile, son d’obscurité,
Frémir, dans le vide, potentialité...
Premier mouvement, un choc plus que sonique,
Crescendo envoûtant ou frappe létale,
Inquisition dans l’âme, apocalyptique,
Comme un son venu d’ailleurs, « criminosical »,
Machine menant au Mushin, où dans ce lac
Les Walkyries chevauchent un rythme infernal,
Saccadé et puissant, tel le Theusz Hamtaahk.
Pause...
Ne pas perdre le rythme...
Tachycardie...
Seconde dose...
« Ô fortune, impératrice du monde »
Les chants de Beuren, en mythiques rhapsodies,
Début et fin de toutes choses, en ondes.
De nos âmes, de nos vies, la symphonie,
Aussi parfaite que l’Anneau de Nibelung,
Trouve son écho, sourit et s’intensifie,
Jusqu’à ce magnifique Gottendämmerung.
Rester là, sans plus bouger, vidé, de son cœur,
Et de son souffle, mais rempli de cette ardeur.
(Emkalan)


-  Une note suffit pour tuer le silence
Et faire renaître dans nos cœurs l’espérance
Mort du néant est-elle naissance d’un tout ?
Une simple mélodie nous aide à tenir debout
Elle sonne, ma béquille en attendant celle
Qui saura donner à ma vie le souffle éternel
Une deuxième s’élance portée par un silence
Donnant vie à ces accords avec violence
Et la mélodie s’emporte vers des sommets
Je me laisse emporter par son rythme endiablé.
Clé de mon cœur qui s’emballe, symphonie
Envoûtante qui me laisse découvrir ses rivages
Rythme tribal de danses sur ses plages
Qui accompagne chaque instant de ma vie.
Frémissant de cymbales, crépitant à l’envie
Chaque note me dessine de doux paysages
Triolets de blanches, pointées pour le message
Farandoles de noires jaillissant telles un cri
Simili couac pour improviser « jazzerie »
Myriade de notes aux mille et un visages.
Et la ronde soupire de tant de démesure
Face à cette cascade déferlant gaiement
Elle s’enfle et se tord, puis change de posture
Déversant avec ferveur son message triomphant.
Crochetant sans sa clé la mesure de son chant,
Elle fait naître en moi un cortège d’émotions.
Et le temps qu’elle suive cette foule vivant
Sous le charme de ses accords passions,
Retombe le souffle qui soutenait son cri :
Tendre musique, tu resteras le soleil de ma vie.
(Lahyenne)


-  Symphonie et sainte folie
Croches qui s’accrochent
Soupirs qui se déchirent
La transparence n’est qu’apparence
Certains silences parlent plus que le bruit
Les clés de fatigue si dorées
Ouvrent les portes d’une vague musicale
Le sol se renverse
Mineur mélancolique
Mais l’amer s’inverse
En accords majeurs épiques
Les croches décrochent
Des soupirs qui admirent
La nouvelle transparence d’une eau qui balance
Des notes plus douces que la pluie
(Nawenn)

 

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